
Sa devient plus positif pour la suppression des barrages, pas mal de personnes s'oppose à cette démolition.
Réunis hier pour le vote des taux d'imposition (ci-contre), un autre dossier concernant les cours d'eau a aussi provoqué les réactions des élus.
Non à la démolition des barrages de Vezins et de la Roche-qui-Boît. Cela aurait pu être le slogan d'une banderole, c'est en fait le sentiment dominant vendredi au sein de l'assemblée départementale.
À l'heure où, ce vendredi matin, Philippe Ripouteau, conseiller général de Saint-Sauveur-le-Vicomte et vice-président en charge du développement durable, rural et du littoral, a pris la parole pour évoquer le Schéma directeur d'aménagement et de gestion des eaux (Sdage), la session coulait tranquillement.
Mais voilà, ce qui n'est qu'un « projet en faveur de la continuité écologique », insiste Philippe Ripouteau ; un choix des Sage locaux en faveur d'une « politique d'amélioration de la qualité de l'eau dans le département », rappelle encore Philippe Bas, conseiller général de Saint-Pois ; comporte aussi un paragraphe déterminant pour l'avenir des barrages du Sud-Manche.
« Le voterai contre ce dossier car il envisage l'arasement des barrages. Je ne le comprends pas, personne ne le comprend. Certes, les saumons ne peuvent pas remonter la Sélune, mais les barrages produisent de l'électricité et dans les lacs, il y a aussi des poissons blancs ! », lance Louis Desloges, conseiller général d'Isigny-le-Buat. Pour Saint-Hilaire-du-Harcouët, au nom de l'intérêt « économique et écologique », Jacky Bouvet se dit contre ce dossier également.
« Vrai problème pour la baie du Mont »
Henri-Jacques Dewitte, conseiller général de Ducey, estime encore que « si on arase les barrages, il y aura un vrai problème dans la baie du Mont-Saint-Michel ».
Bref, le Sud-Manche se mobilise pour conserver ses barrages. Et même Lucien Boëm, conseiller général de Saint-Jean-de-Daye, s'interroge « sur cette volonté d'enlever tous les ouvrages sur les cours d'eau. Il semblerait que cela se dessine aussi pour la Vire. »
Le président Jean-François Le Grand réagit à la contestation : « Concernant les barrages, j'ai demandé à M. le préfet de proposer des solutions alternatives. Pour aujourd'hui, je vous propose donc de nous prononcer pour l'ensemble du Sdage, sauf la partie concernant les barrages. » La majorité a suivi la préconisation.
Mais autant dire que les barrages du Sud-Manche n'ont pas fini de faire couler l'encre.
Christian LEROSIER.
Ouest-France